A l'occasion de son retour sur la scène du Café de la Danse le 6 avril  prochain, la chanteuse nous a accordé une belle interview.

AFFICHE

 Bonjour Tita Nzebi vous retrouvez pour la troisième fois la belle scène du Café de la Danse, dans quel état d'esprit êtes-vous ? 

Bonjour et je vous remercie pour l’intérêt que vous portez à mon travail. En effet, pour la troisième fois, je vais me retrouver sur cette belle scène du Café de la danse. Mais cette fois pour la sortie de mon deuxième album From Kolkata. J’ai en même temps peur et hâte d’y être.  Peur parce qu’on n’est jamais sûr de pouvoir remplir une telle salle et si on la remplit on n’est jamais sûr de pouvoir satisfaire toutes les personnes qui font le déplacement. Malgré toutes ces appréhensions, je ne perds pas de vue la chance que j’ai de pouvoir sortir un 2e album et de le présenter dans une salle aussi réputée. J’ai hâte d’y être car les concerts sont toujours des moments uniques d’échange avec le public.

TITA NZEBI par Milena Perdriel

 Vous êtes l'un(e) des rares artistes à parler sans ambiguïté de la dictature gabonaise et appeler un dictateur un dictateur. Que diriez-vous à ceux et 

celles qui pensent qu'un artiste ne doit pas parler politique ?

 Que je comprends leur point de vue. Je devrais même les écouter d’ailleurs car ce n’est pas très vendeur de parler de sujets pareils. Mais la musique est un moyen d’expression à travers lequel chacun peut exprimer ce qu’il souhaite. Dans certaines de mes chansons je dénonce clairement la dictature gabonaise en effet. Si moi, artiste d’origine gabonaise ne le fais pas, personne d’autre ne le fera. Au-delà de ça c’est un sujet qui me tient à cœur car je ne trouve pas normal que dans un pays aussi riche que le nôtre, beaucoup de mes compatriotes aient encore du mal à se loger, à apprendre, à se soigner correctement parce qu’une bande de kleptomanes assassins a décidé de prendre ce pays en otage.  

Chaque personne a droit au respect de sa dignité. Les Gabonais aussi. Chaque peuple a le droit de choisir librement ses dirigeants surtout dans un Etat qui se dit République démocratique. Ce principe devrait être valable pour le Gabon aussi. Mais, dans ce pays, il y a encore un Ali Bongo, qui n’a jamais été élu par les Gabonais, qui a fait massacrer des gens au QG de monsieur Jean Ping, le véritable président du Gabon actuellement. Et ce Monsieur Ali Bongo continue à se faire appeler Président de la République Gabonaise par des personnes et des organismes à priori très sérieuses et, à ce titre, il continue à endetter le Gabon auprès de de l’Agence Française de Développement par exemple pour des réalisations que personne ne pourra vous montrer sur le territoire gabonais.

 Je pense que toute personne sensée trouvera inacceptable les quelques faits, vérifiables, que je viens de relater. Je trouve, pour ma part, insensé de ne pas en parler et de faire comme si ces choses, palpables par n’importe qui, n’existent pas. 

Je leur dirai enfin que dénoncer un dictateur, dénoncer le massacre des gens, dénoncer une justice à deux vitesses ou quasi inexistante, dénoncer les détournements massifs de deniers publics, s’étonner du manque de fermeté apparent de la communauté internationale face à ce qui se passe au Gabon actuellement au vu et au su de tout le monde ce n’est pas parler de politique c’est juste parler d’humanité. C’est refuser le mépris. 

Vous avez participé à des concerts mythiques ('Une Aurore se lève'), vous avez chanté en Inde, en Suisse, dans les quatre coins de France, avez-vous conscience d'être une personnalité ?  

Mythiques, je ne sais pas si j’emploierai ce terme mais ça fait plaisir de constater que certains considèrent ainsi ces concerts. La même chose pour le mot personnalité. Honnêtement je n’emploierai pas ce terme pour parler de moi. Mais c’est peut-être normal qu’il y ait un fossé entre la façon dont certaines personnes me perçoivent et celle dont je me perçois.  Je n’ai pas du tout l’impression d’être une personnalité. Par contre, j’ai conscience d’être une artiste qui prend pas mal de risques, à qui il reste encore énormément d’étapes à franchir. J’espère que j’y arriverai car je peux vous affirmer que rien de ce que j’entreprends n’est jamais gagné d’avance. 

Bon je vais vous faire une promesse : si j’arrive à faire le plein du Café de la danse le 6 avril je vais commencer à réfléchir à la possibilité d’affirmer que je suis une personnalité. Pour les concerts mythiques on va encore attendre un peu.

Merci !

Tita Nzebi, ambassadrice de la musique gabonaise - L'Sa Ma Kane

 

TITA NZEBI  au Café de la Danse

6 avril

Location  : points de vente habituels